Pétition des étudiant·es et personnel·les UGA contre la hausse des frais d’inscription des étudiant·es étrangers

Pétition des étudiant·es et personnels de l'UGA contre les frais d'inscription différenciés et leur application à l'UGA, contre l'austérité et les suppressions de postes

Signez la pétition !

132
Signatures
500
Objectif

Vos coordonnées seront accessibles aux auteurs de la pétition. Veillez à ne les fournir qu'aux pétitions auxquelles vous faites confiance.

Le contenu de cette pétition n'est ni validé, ni cautionné par l'association Framasoft.

Le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste a promulgué le 19 mai 2026 un décret généralisant les « frais différenciés obligatoires » pour les étudiant·es hors UE à hauteur de 2 895€ pour une année de licence et 3 941€ pour une année de master !

 

Nous, étudiant·es et personnel·les de l’UGA exprimons notre opposition catégorique à ce décret et exigeons son abrogation.

 

Cette mesure raciste et xénophobe va priver les étudiant·es les plus précaires de l’accès à l’éducation et crée un précédent pour une hausse généralisée des frais d’inscriptions. Nous refusons que les étudiant·es, au nom de leur nationalité, aient à payer le désinvestissement de l’Etat. En effet :

 

  • Cette attaque entérine une politique de préférence nationale, notion raciste qui oppose les étudiant·es européen·nes et ceux du reste du monde. Souvent issu·es des anciennes colonies françaises, ces étudiant·es se verront exclu·es et précarisé·es ici, privé·es de visa faute d’études en cours, voire même expulsé·es du territoire.

  • C’est aussi une attaque sociale, qui sélectionnera les étudiant·es de familles aisées et obligera les plus pauvres à s’endetter. Ce décret prépare la hausse des frais d’inscription pour toutes et tous (déjà prônée dans un rapport de l’Inspection générale des finances1, et par les assises du financement des universités2), pour un montant annoncé de 900€ en licence et 1300€ en master. Pour nous, cela signe la fin de l’accès de droit aux études supérieures.

  • Ce décret est contraire à toutes les missions de l’université, telles que définies dans le code de l’éducation3 et au droit à l’éducation pour tous. Il s’oppose aussi au principe d’universalisme qui fait de l’université un espace collectif de création, de transmission et de partage du savoir — un bien commun qui appartient à toute la société et ne connaît pas de frontières.

Selon le gouvernement, cela « devrait rapporter aux universités environ 250 millions d’euros chaque année » et ainsi « améliorer l’accueil » des étudiant·es. Mensonge cynique, alors que 400 millions ont été retirés de l’enveloppe des universités dans le budget 2026.

 

Pendant ce temps, le gouvernement offre une rallonge de 7 milliards rien que pour cette année à un budget de l’armée déjà monstrueux et propose des rallonges de 36 milliards au budget militaire jusqu’en 2030 ! Le gouvernement veut donc faire payer les étudiant·es étranger·es pour combler les maigres budgets des facs qu’il a lui-même pillées !

 

A Grenoble, l’UGA n’échappe pas aux restrictions budgétaires : après le gel des emplois, les suppressions de postes de BIATSS. Et l’idée de compenser le sous-financement de l’ESR par la contribution accrue des étudiant·es fait son chemin : Grenoble INP vient de tenter d’instaurer une hausse des frais d’inscription en septembre.

Vendredi 29 mai, le président de l’UGA a cependant annoncé le maintien des exonérations pour tous les étudiant.es étranger.espour l’année 2025-2026 seulement ! C’est un premier pas mais leurs besoins sont clairs : aucune hausse des frais, ni maintenant ni plus tard !

Nos revendications sont les suivantes :

  • Abrogation immédiate du décret Baptiste sur les frais d'inscriptions obligatoires pour les étudiant·es hors Union Européenne ;
  • Maintien sans limite de temps des exonérations des frais d’inscription pour ces étudiant·es à l'UGA ;
  • Aucune hausse des frais d'inscription : ni à Grenoble INP-UGA ni à l’UGA !
  • Annulation des 60 suppressions de postes de BIATSS à l'UGA.

Non aux coupes budgétaires dans les universités, que ce soit dans l’enseignement, la recherche ou l’administration ! Non à l'économie de guerre, l'argent doit servir aux besoins des services publics dont celui de l'ESR.


1. Rapport de l’inspection générale des finances (IGF) et de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) en janvier 2025, intitulé « Modèle économique des établissements publics de l’enseignement supérieur »
2. Rapport des assises du financement de l’ESR, juin 2026
3. Le décret devra modifier les articles R-719 48 à 50 du code de l'éducation en y ajoutant une modalité spécifique pour les étrangers hors UE qui seraient privés du bénéfice des dispositions d'exonération existante (R719-50 et 50-1), ce qui serait à la fois discriminatoire et contradictoire avec le principe selon lequel les établissements déterminent librement leur "stratégie" (en l'occurrence budgétaire, sociale et internationale) art. L711 et suiv. et avec les missions internationales et notamment vers la Francophonie (L123-2 et 3)