Nous, parents, enseignant·es, citoyen·nes, refusons le confinement des enfants

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Publiée le: 07/10/2026

Depuis le lundi 28 septembre, un peu partout en France, des lycéen·nes choisissent de ne pas aller en cours afin de manifester devant leurs établissements. Ils et elles dénoncent des conditions d’enseignement insupportables : effectifs à 35, voire plus de 40 élèves par classe ; manque de professeurs, de personnels AESH, d’infirmier·es scolaires, de conseiller·es d’orientation, de psychologues, d'assistantes sociales scolaires ; omniprésence de l’outil algorithmique de tri Parcoursup ; salles de cours vétustes, surchauffées l’été, glaciales l’hiver ; présence de cafards et de rats dans les bâtiments ; plafonds qui s’écroulent ; toilettes impraticables ; emplois du temps surchargés…

Les quartiers les moins favorisés économiquement semblent être les premiers touchés par cet état de délabrement ahurissant de notre système scolaire. Mais c’est l’ensemble du territoire, zones rurales comme zones urbaines, qui le subit, à divers degrés.

Nous, parents, enseignant·es, citoyen·nes préoccupé·es par le sort des enfants, constatons que le pouvoir en place refuse obstinément d’écouter les demandes pourtant légitimes exprimées par les lycéen·nes ; qu’au lieu d’ouvrir le dialogue, sa première et unique réponse a consisté à envoyer les forces de l’ordre pour tenter de mater, par la brutalité, un mouvement pourtant pacifiste dans son immense majorité ; que le pouvoir se rend ainsi directement responsable de l’état de tension dans lequel se trouve désormais le pays.

Nous apprenons que le gouvernement a décidé que certains cours se feraient « en distanciel ». Pour rappel, ces méthodes ont été expérimentées durant la période de l’épidémie de Covid afin de limiter les contacts entre les personnes. Il a depuis été démontré la piètre qualité de cet enseignement à distance et le fait qu’il accentuait encore les inégalités entre élèves – inégalités qui n’ont jamais été aussi criantes dans notre pays, selon la dernière étude Pisa réalisée par l’OCDE. Au-delà, nous ne comprenons que trop bien le désir de la macronie d’en revenir à une sorte de confinement de notre jeunesse, dans un contexte fort différent de celui de l’épidémie de Covid. Cela lui permettrait de renvoyer chaque lycéen·ne chez lui·elle, seul·e devant son ordinateur ou sa tablette, isolé·e dans sa colère. Nous refusons catégoriquement que le pouvoir masque ses responsabilités, qu’il s’exonère d’apporter des réponses aux revendications exprimées et qu’il poursuive du même coup son démantèlement de l’éducation nationale, le tout grâce au confinement de nos enfants.

Nous disons que notre jeunesse doit être écoutée et entendue.

Nous exigeons que cessent immédiatement les violences policières à leur encontre.

Nous affirmons qu’un enseignement digne de ce nom est le fruit d’échanges directs entre un·e enseignant·e et ses élèves, et que nous nous opposerons à toute tentative de normalisation de l’enseignement à distance par le truchement d’outils numériques.