Pour un Pays de Vannes Républicain et Solidaire, contre la haine : exigeons l’interdiction du banquet du Canon français et le respect des valeurs républicaines

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À M. le Maire de Vannes, au conseil d'administration de la SPL Golfe du Morbihan Vannes Tourisme, à M. le Préfet du Morbihan et à l’ensemble des élus du Morbihan.
        
Combien de révélation d’atteintes à l’ordre public faudra-t-il pour que les pouvoirs publics prennent la mesure de la menace que constitue la tenue de ce type d’évènement ?
      
Le 5 décembre 2026, Le Canon français compte organiser un banquet au Chorus. Le Chorus est propriété de la ville de Vannes et est géré par une société publique locale. Plusieurs milliers de participants sont attendus. Ce n'est pas un simple repas festif. En revendiquant d'organiser des grands repas célébrant le terroir, le patrimoine et la convivialité à la française, le Canon français est le vecteur de discours racistes prônant la stigmatisation et le rejet de certaines populations.
   
Le Canon français est financé par le milliardaire ultra-conservateur d'extrême-droite Pierre-Édouard Stérin (exilé fiscal en Belgique, qui refuse de se rendre à l'Assemblée nationale lorsqu'il y est convoqué), il en détient des parts depuis 2024. L'Observatoire des multinationales l'a documenté. Ses idées sont connues. Il les assume publiquement par son projet PERICLES (pour Patriotes enracinés résistants identitaires libéraux européens souverainistes), plan d'investissement de 150 millions d'euros pour porter le RN au pouvoir, révélé par L'Humanité.
   
"Avoir plus de bébés de souche européenne" appelle-t-il de ses vœux le 10 juin 2025, reprenant ainsi la stigmatisation des populations immigrées par opposition aux "Blancs chrétiens". Il veut interdire le voile, abolir l'accès à l'avortement. 
    
D'autres l'ont compris avant nous. En 2025, une dizaine de communes ont quitté le label « Les plus belles fêtes de France » en apprenant qu'il était financé par Pierre-Édouard Stérin. Le Monde l'a rapporté. Nous demandons la même cohérence à Vannes.
        
Nos craintes sont fondées. 
   
En novembre 2025, un journaliste du Huffington Post a fait un reportage au banquet de Goven (Ille-et-Vilaine). Il a aussi examiné des images de banquets précédents. Il révèle avoir observé des symboles royalistes, des gestes tendancieux s'apparentant à des bras tendus, des tatouages reprenant des symboles chers à l'extrême droite comme la croix pattée, le slogan « Honneur et fidélité » en lettres gothiques. Il signale la présence, très applaudie, d'une figure de l'extrême droite rennaise, visée par une enquête pour violences. Au sujet des opposants au banquet, un participant lui répond vouloir « se les faire un par un » et  « Rendre la France aux Français ».
      
Le 18 avril 2026, un banquet a eu lieu à Caen. Un journaliste de France Inter et des habitants ont rapporté des propos racistes. Ils ont aussi rapporté des gestes s'apparentant à des saluts nazis. Une procédure judiciaire est en cours. Après ces faits, la ville de Quimper a renoncé à accueillir un banquet en décembre. C'est ce banquet qu'on nous propose aujourd'hui à Vannes.
 
Beaucoup de convives disent venir pour faire la fête. Mais ces signaux se répètent d'un banquet à l'autre. Ils forment un faisceau d'indices. Les pouvoirs publics ne peuvent pas l'ignorer.
    
Le Chorus est un équipement public. Il appartient aux Vannetaises et aux Vannetais. Louer le Chorus au Canon français engage donc l'image de la Ville, de l'agglomération et de ses élus qui l'ont autorisé !
    
Dans un contexte où les valeurs républicaines sont mises à mal et où des références néo-nazies se multiplient dans le débat public, comment la Ville de Vannes peut-elle accueillir et cautionner l'organisation d'un évènement rassemblant des militants d'extrême-droite, servant de tribune à des discours de haine et financièrement lié au projet PERICLES de Pierre-Edouard Stérin ?
      
Avec l'organisation de ce banquet, maire et préfet exposent par leur autorisation notre territoire à des troubles à l'ordre public, constatés lors des éditions précédentes.
     
AINSI :                   
  • Nous exigeons le respect des valeurs républicaines.        
  • Nous demandons à la SPL et à la ville de Vannes de réexaminer cette location. Nous leur demandons de rendre publiques ses conditions.
  • Nous demandons au Préfet du Morbihan d'évaluer les risques pour l'ordre public.
  • Nous demandons aux élus du territoire de prendre position publiquement contre la tenue de ce banquet.
La culture bretonne est vivante, ouverte, accueillante et populaire. Elle n'a pas besoin d'être récupérée.
 
Des habitants et habitantes du Pays de Vannes