Après le vote du 17 juin au Parlement Européen,18 scientifiques apportent leur soutien à 21 organisations et entreprises pour poursuivre la mobilisation : contre la dissémination des OGM en plein champ et pour le développement de la biodiversité cultivée.
Signez la pétition !
La dérégulation des OGM par les NTG
Le vote du 17 juin 2026 : un vote du parlement européen contre le vivant et l’humanité
Occupons le terrain !
Le 17 juin 2026, le vote du Parlement européen a adopté la déréglementation de nombreux végétaux OGM tout en étendant les possibilités de brevets sur le vivant. Cette nouvelle législation permet ainsi, par les nouvelles techniques que l’industrie nomme génomiques (NTG), la dissémination aveugle de plantes modifiées dans les champs, et des produits qui en sont issus dans les filières et dans les assiettes. Cette loi engendrera la contamination irréversible par ces modifications génétiques non évaluées, non tracées, non étiquetées, des plantes cultivées dans les champs et dans les jardins, mais aussi des plantes sauvages apparentées.
Ces nouveaux OGMs, comme les précédents, s’inscrivent dans la promesse fallacieuse de « nourrir le monde» et réduire les pesticides. On a vu le résultat : des millions d’hectares cultivés avec des soja, maïs, colza, coton, etc rendus tolérants au Round up ayant entraîné une augmentation vertigineuse de l’usage de cet herbicide. Ce vote marque donc un mépris face à toutes les personnes, de toutes générations, frappées par l'épidémie de cancers, de maladies neuro-dégénératives et d’autres maux (perturbateurs endocriniens…), pour lesquels les facteurs environnementaux sont prépondérants.
Lutter contre les OGM/NTG, ce n’est pas être contre la sélection variétale : c’est donner la priorité à une approche renouvelée de la sélection de semences populations, arrimée à la progression des savoirs scientifiques concernant les interactions séculaires entre les êtres humains et les plantes, la coévolution avec le vivant. Une sélection de semences populations robustes en plein champ est la meilleure manière de soutenir la biodiversité cultivée et sauvage, et de faire face aux événements extrêmes engendrés par le changement climatique, et ce dans la diversité des territoires.
Ce vote du Parlement européen pose les bases d'un contrôle sans limite des semences essentielles à l'alimentation humaine par un conglomérat de multinationales (Bayer/Monsanto, Corteva, BASF, Syngenta, Limagrain...). En s'engageant dans cette voie, le législateur européen entérine la possibilité de privatiser par le brevet toute la base de la chaîne alimentaire mondiale. Au regard des intérêts vitaux de ses propres populations, comme de ses références humanistes fondatrices, l'Europe ne devrait pas être le fer de lance d'une telle entreprise de danger public planétaire.
Face à cette machine de guerre qui s'attaque au vivant, qui met en péril la sécurité de notre alimentation et de notre santé, qui sape les fondements de nos droits humains et annihile ce qui reste de principes démocratiques et de puissance publique dans nos institutions, lançons l'alerte, mobilisons-nous!
Que faire ?
Cette réglementation s’appliquera dans deux ans. D’ici là, sans plus attendre :
- Élargissons le front de la mobilisation en communiquant sur tous les terrains, des producteurs et productrices aux consommateurs et consommatrices.
- Investissons dans une autre approche de la sélection de variétés-populations réellement efficace réalisée par les agriculteurs eux-mêmes avec l’aide de la communauté scientifique, une approche qui renforce la biodiversité cultivée en travaillant avec le vivant et pour produire des semences sans brevets reproductibles à la ferme et dans les jardins.
- Mobilisons les collectivités locales dans toutes les régions, à l’échelle de toute l’Europe, pour mettre en place des territoires se déclarant sans OGM/NTG.
Signatures : Coopérative semencière « Graines de liberté – Hadoù ar frankiz » ; Cancer Colère ; Fédération Nature&Progrès ; Biocoop ; Confédération paysanne du Finistère ; association 1001 Légumes (Normandie) ; Maison des Semences Paysannes Maralpines ; Optim'ism ; AZADE (Distribution de produits de filières bio, artisanales et équitables) ; Union Bio Semence ; Cocébi (coopérative agricole 100% biologique spécialisée dans les métiers du grain); La Ferme du long Conet ; Thierry Thevenin, paysan herboriste, botaniste ; Les racines du ciel (ligne de vêtements écologiques) ; le Bistrot « les Résistants », Cancer colère 29 ; L'association OGM dangers ; GIET (Groupe International d'Études Transdisciplinaires) ; l'APSODA (Association pour la Suppression des OGM dans l'Alimentation) ; Vigilance OG2M ; Le Syndicat des Récoltants Professionnels d'Algues de Rives de Bretagne.
Avec le soutien des scientifiques : Catherine Aubertin Directrice de recherche à l’IRD, Économiste de l’environnement ; Sébastien Barot, Directeur de Recherche, IRD, chercheur en écologie ; Pierre Benoit, Directeur de Recherche Inrae, Chercheur en Science du Sol ; Yves Bertheau, Directeur de recherche Inrae honoraire au CESCO (MNHN, CNRS, Sorbonne Université) Biologie moléculaire ; Cécile Berthouly-Salazar, Directeur de recherche IRD, Génétique des populations des plantes cultivées ; Alberte Bondeau,chargée de recherche CNRS agroécosystèmes et changements globaux ; Wolfgang Cramer, Directeur de recherche CNRS émérite, IMBE, Aix-en-Provence ; Cyril Dutech Inrae, Évolution des agents phytopathogènes ; Jérôme Enjalbert, Directeur de recherche Inrae, génétique quantitative végétale ; Sophie Gerber, chercheuse en génétique et philosophie des plantes ; Tatiana Giraud, Directrice de recherche CNRS, Biologie de l’évolution ; Isabelle Goldringer, directrice de recherche Inrae, génétique des populations ; Pierre-Henri Gouyon, Professeur émérite au Muséum National d’Histoire Naturelle ; Vanesse Labeyrie, chercheure agronome au CIRAD (UMR SENS, Savoirs Environnement Sociétés) ; Olivier Réchauchère, Ingénieur de recherche Agronome ; Delphine Sicard, Directrice de recherche en écologie et biologie évolutive ; Mathieu Thomas, chercheur au CIRAD, généticien des populations ; Michel Turbet Delof, Chercheur au CIRAD Génétique quantitative et agronomie.