Tribune pour soutenir la gauche unie à Toulouse

Signez la pétition !

812
Signatures
1000
Objectif

Vos coordonnées seront accessibles aux auteurs de la pétition. Veillez à ne les fournir qu'aux pétitions auxquelles vous faites confiance.

Le contenu de cette pétition n'est ni validé, ni cautionné par l'association Framasoft.

À Toulouse, pour construire l'avenir, choisissons les faits plutôt que la peur

[Le compteur de signatures ici n'indique pas le nombre total, qui est disponible sur https://choisirlesfaits.fr]

La dynamique actuelle de la politique nationale comme internationale consiste en une dégradation du débat public. Elle repose sur l’usage de la peur et la désignation d’ennemis intérieurs, la délégitimation de l'adversaire présenté comme “radical” ou disqualifié à travers une multitude d’étiquettes réductrices en « -isme ». En éludant toute discussion de fond, cette tendance détourne volontairement l’attention des enjeux réels et, surtout, des faits. De Trump à Milei en passant par Poutine, mais aussi par les droites conservatrices en France, ce sont ces ressorts qui sont mobilisés, et qui, in fine, conduisent à une réduction des libertés des citoyennes et citoyens, au profit d’une minorité.

À Toulouse, c’est dans cette dynamique d’instrumentalisation des peurs que s’inscrit, depuis plusieurs mois, Jean-Luc Moudenc. En installant un récit politique fondé sur la crainte des autres et la fabrication de « dangers », le débat est artificiellement déplacé. Il ne porte plus sur l’analyse des programmes ni sur l’évaluation des politiques publiques. Il vise désormais à mobiliser par l’inquiétude, face à laquelle M. Moudenc s’érige en antidote avec le slogan « protéger l’avenir ». Ce dernier prive, par cette manipulation, les Toulousaines et Toulousains d’un véritable débat d’idées, à l’occasion de cette campagne, et, depuis douze ans de mandat, de décisions fondées sur les faits. 

Or, les faits existent bel et bien et ils doivent être regardés avec lucidité. Une réalité solidement établie par les scientifiques est celle du changement climatique. Toulouse y est particulièrement exposée, avec un réchauffement déjà supérieur à 1,5 degrés (l’un des plus importants en France), comme en témoignent la fréquence et l’intensité croissantes des épisodes caniculaires que subit sa population. Dans les écoles, en juin dernier, ces effets se sont traduits concrètement : des températures dépassant 35 degrés dans les salles de classe, rendant les conditions d’apprentissage difficiles, voire dangereuses. Face à cela, la réponse politique du Maire actuel a consisté en une navigation à vue : aucune consigne claire de protection des enfants n’a été donnée, car aucune mesure d'adaptation n’avait été anticipée. La végétalisation des cours d’école promise il y a six ans est très loin d’être achevée. Quant aux projets récents d'aménagements, des Minimes à Borderouge ou Montaudran, ce sont des miroirs de béton. Les stations de la ligne C sont en train de suivre le même chemin. Plus généralement, sur les 31 mesures concernant l'environnement du dernier programme de M. Moudenc, la moitié a été abandonnée. 

Il est déjà bien tard pour adapter Toulouse aux conditions qui nous attendent, mais pas trop tard : l’union portée par François Piquemal et François Briançon nous offre une perspective. Elle propose un ensemble cohérent de mesures qui répondent précisément aux besoins en matière d’adaptation et de lutte contre le réchauffement climatique. Leurs programmes convergent autour de priorités clairement identifiées : réduction des émissions de gaz à effet de serre, transformation des mobilités et renforcement des services publics. Ils proposent notamment une réduction structurelle de la place de la voiture au profit des mobilités actives et des transports collectifs (là où M. Moudenc défend la construction d’un nouvel échangeur autoroutier), avec un développement massif de la marche et du vélo, des transports en commun et d’un réseau de type RER métropolitain. Ils fixent également des objectifs ambitieux et chiffrés de végétalisation, de désimperméabilisation des sols et de renaturation, afin de répondre aux effets déjà visibles du changement climatique dans notre ville.

Regarder en face les enjeux environnementaux et discuter collectivement nos priorités et nos engagements vis-à-vis de ce défi implique aussi de se confronter à la question de l'aviation, de l’industrie de l’armement et du spatial, sujets qui peuvent paraître sensibles dans une ville comme Toulouse. Les acteurs et actrices du secteur le font d'ailleurs eux-mêmes et bon nombre sont déjà à l'œuvre pour penser et déployer des adaptations et réorientations nécessaires pour le secteur. Sortir du déni climatique est aussi un impératif économique : au-delà des risques que comporte une fuite en avant technologique, nombre d’employeurs dans les secteurs de pointe à Toulouse font désormais face des jeunes diplômés qui refusent de venir car ils jugent la ville trop touchée par les canicules et les politiques d’adaptation leur apparaissent insuffisantes. 

L’autre fait incontestable qui touche Toulouse, documenté par l’INSEE notamment, c’est l’accroissement des inégalités. Malgré l’augmentation des revenus dans la ville, les écarts entre riches et pauvres se sont renforcés pendant les douze ans de mandat de M. Moudenc. Ces inégalités ne peuvent que nourrir une insécurité croissante pour les habitants. Ni le déploiement généralisé de la vidéosurveillance assistée par l’intelligence artificielle, ni l’armement renforcé des policiers municipaux – deux mesures défendues par M. Moudenc, ne sauraient répondre efficacement à cette crise profonde. Pire, leur généralisation ne pourra que contribuer à la mise en place d’une surveillance systématique des citoyennes et des citoyens dont on ne peut que constater les résultats violents outre-Atlantique.

Il faut au contraire traiter ces inégalités à leur source, ce que propose la liste de l’union de la gauche dans les secteurs du logement (construction et rénovation à grande échelle, encadrement des loyers), de la santé (création de centres de santé), des transports (gratuité partielle des transports en commun, RER Toulousain), de la sécurité (plus grande place apportée à la prévention, police de proximité) ou encore de l’éducation (augmentation du personnel dans les cantines et temps périscolaires, soutien de l’éducation populaire et lutte contre la fermeture des classes). Le programme proposé par MM. Piquemal et Briançon constituent une réponse à la fois réaliste et structurée face aux vulnérabilités accrues par ces inégalités.

Vulnérable, Toulouse l’est aussi sur le terrain de la culture. Après douze années de mandat de M. Moudenc, la ville a connu un affaiblissement profond dans le domaine culturel, illustré par exemple par la lourde baisse de la subvention de la métropole au théâtre de la Cité. Globalement, les politiques de culture populaire et de proximité sortent amplement affaiblies, comme en témoigne le désengagement massif de la ville dans son soutien aux équipements essentiels comme les médiathèques et les centres culturels ainsi qu'aux dispositifs pédagogiques (ateliers, interventions scolaires etc). Quelle distance entre le potentiel créatif des artistes et des acteurs de la culture et la place qu'on lui fait dans la 3ème ville de France ? Sur ce sujet aussi, la liste de l’union de la gauche apporte un programme clair et ambitieux, qui permettra à Toulouse de retrouver une vitalité locale et un rayonnement qui lui font cruellement défaut.

L’ensemble de ces politiques publiques voulues par l’union de la gauche pourront être mises en place sur la base d’une délibération communale démocratique large, active et participative. Toulouse a les forces collectives et individuelles pour s’engager dans une voie qui nous oriente vers  un futur digne et vivable. Cette élection est une chance d'en faire une ville respirable et juste. Une ville solidaire et une terre d'accueil, une ville rempart contre tous les racismes et les autoritarismes, une ville qui renoue avec son histoire de résistance, de créativité et d’innovation. 

Nous sommes des citoyennes et citoyens, habitantes et habitants de Toulouse et de sa périphérie, ou simplement attaché.e.s à la Ville rose. Dimanche, nous voulons y voir gagner une gauche unie. 

==== Premier.e.s signataires ==== 

Olivier Berné, astrophysicien, habitant du quartier d’Empalot

Emmanuelle Perez, historienne, habitante des Minimes-Negreneys

Alexandre Tisserant, directeur d’ingénierie et ancien chef d’entreprise du spatial, habitant des Minimes-Negreneys

Didier Barret, astrophysicien

Geneviève Azam, économiste

Catherine Jeandel, océanographe

Catherine Guien, ancienne Adjointe au Maire en charge de la Culture Scientifique et du Partage des Savoirs, Présidentes d’associations culturelles dans le domaine de la danse, du théâtre et de la musique 

Philippe Laudet, ingénieur, musicien

Audrey Dussutour, biologiste

Etienne Berthier, glaciologue

Franck Gaudichaud, historien, habitant du quartier Fontaine Lestang

Laure Verret, neuroscientifique, habitante du quartier Demoiselles

Lorris Coulon, réalisateur, habitant du quartier Saint-Agne

Amèle Lakhouache, travailleuse sociale et sociologue

Jean Villa, chef d’entreprise

Mafalina Dornelien, cheffe d’équipe, représentante syndicale 

Samir Boulanouar, ingénieur aéronautique

Maya Vair-Piova, psychologue et membre du bureau de l’union départementale CGT 31

Jonathan Lagier, publicitaire, habitant du quartier Fontaine-Lestang

Mélanie Doolaeghe, ingénieure, quartier Saouzelong

Pierre Roques, coordinateur d'association humanitaire

Leïla Boulanouar, médecin, habitante du quartier Saint-Agne

Habib Samrakandi, anthropologue, habitant quartier Croix de pierre 

Anaïs Garcia, responsable associative et anthropologue 

Arnaud Lemoine, entrepreneur, Saouzelong  

Asma Bouterfas, médecin pneumologue, habitante du quartier Saint Michel

Paul Lacoste, professeur des Universités, cinéaste

Adèle Jacob, professeur d’anglais, habitante du quartier Saint Agne

Romain Artigue, enseignant-chercheur, docteur en astrophysique